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  • Par patserra
  • Le Mar 13 Déc 2016
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« Je cherche la solution pour rejouer » 

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David Gautier, ici avec les cadets, intervient auprès des jeunes de Cholet-Basket dans le cadre d'une formation d'entraîneur. « J'ai toujours aimé le contact avec les jeunes. Je voulais redonner et partager ce que j'ai vécu, et passer mes diplômes d'entraîneur pour me donner une issue de reconversion. »

L'invité de la semaine... David Gautier. Blessé depuis janvier 2007, le Choletais de souche et ancien joueur de Cholet-Basket se confie. Émouvant.

 

 

David, tout d'abord, de quelle nature est votre blessure ? Et Comment l'avez-vous décelée ?

Je perdais de la force dans ma jambe. C'est venu petit à petit. Je sentais que je perdais de la détente, de la vitesse. Puis, c'est venu tous les jours, tous les jours, tous les jours. Je ne pouvais plus sprinter, moins sauter, mais uniquement sur ma jambe droite. Quand j'allais en musculation travailler les cuisses, à gauche j'avais la puissance maximum mais à droite je ne pouvais pas soulever 10 kg. Dans le jeu, j'étais complètement « bancal ». J'ai joué comme ça pendant 3-4 mois à Gravelines. A un moment donné, je ne pouvais plus.

Qu'ont révélé les examens médicaux ?

Ils sont assez complexes. J'ai un kyste dans le dos assez volumineux. Des docteurs disent que c'est peut-être ça qui est responsable. Je continue d'essayer de trouver un traitement ou la solution pour pourquoi pas tenter de rejouer, ou au moins me soigner. J'aurais un début d'arthrose, d'inflammation articulaire. Donc je fais pas mal d'infiltrations pour soulager. Et je vais porter sur une petite durée un corset pour essayer toujours de me soulager, voire guérir.

Ce kyste est très rare...

C'est un kyste de Tarlov. Maintenant, est-il responsable ? On ne le sait pas encore. Des associations essayent de le faire passer comme une maladie rare. J'ai discuté avec beaucoup de gens qui ont les mêmes symptômes. Mais d'après certains docteurs, mon kyste n'est responsable de rien. Il y a une guéguerre dans le monde médical là-dessus. Moi, j'y suis au milieu. Beaucoup de personnes qui ont ce kyste n'ont aucun symptôme et les douleurs ne se révèlent pas. Donc il n'y a aucun moyen de prouver que ça vient de ça. Mon inflammation articulaire et ma baisse de puissance dans ma jambe sont peut-être dues à des articulations situées beaucoup plus haut dans le corps. Nous essayons de traiter ça pour me remettre sur pied.

Comment avez-vous vécu ça ?

Ce n'était pas facile (il rit un peu). Au début, on le prend comme une longue blessure, même si je n'en ai jamais connu. C'est le quotidien, on se dit que ça arrive. Puis au bout de six mois, huit mois, un an, on a envie de rejouer. Donc vivement que ça soit fini pour pouvoir jouer.


Avez-vous connu des moments difficiles ?

(Il souffle) Il y en a eu, quand j'étais à Gravelines. Après, le fait de revenir par ici... Ma femme a créé son commerce (un centre de remise en forme à Angers). Je l'ai un peu aidé. On avait des idées tournées ailleurs, donc ça occupait l'esprit, ça évitait de penser trop au basket. Maintenant, c'est vrai que parfois j'ai envie d'aller voir un club, de rejouer et d'y faire quelque chose.

Généralement, quand on sort d'un milieu, ce milieu a tendance à vous oublier. Est-ce le cas pour vous ?

Je n'attends rien de personne. J'ai des amis dans le milieu. Cela ne m'empêche pas de les avoir au téléphone. C'est vrai qu'il a des gens qui pensent à vous et d'autres... Mais les amis sont toujours là. Le milieu est ce qu'il est. Il change beaucoup. Et s'il y a une chose qui ne me manque pas, ce sont les mentalités, ce qu'elles deviennent dans le basket. Elles n'ont rien à voir avec celles d'il y a 10 ans.

En quoi ont-elles changé ?

C'est un sport collectif qui est presque devenu un sport individuel. Tout le monde pense d'abord à soit avant de penser à l'équipe. C'est un des gros problèmes actuellement que subissent les entraîneurs. Il faut faire cohabiter tout ça. Il y a les pressions, les stats. Mes premières années ici, quand on était dans le vestiaire avec des Paul Fortier, des Cedric Miller, tous ces joueurs-là, on avait gagné le match, on allait manger ensemble, on faisait la fête ensemble. Arrivé chez soi, on faisait son autocritique ou on était déçu de sa prestation individuelle. Aujourd'hui, cette autocritique ou cette déception se montre dans le vestiaire, même si on a gagné. Sur ma dernière saison, on avait gagné des matches de 20 points et la moitié de l'équipe faisait la gueule parce qu'ils n'avaient pas fait un bon match. Cela me faisait très, très mal au coeur car je n'ai pas cette conception-là du sport co.


On se souvient de vos 26 points, à 20 ans, contre le Real Madrid. On parlait de NBA. Comment expliquez-vous que votre progression n'ait pas répondu aux attentes ?

Le problème, c'était ma mentalité. A un moment donné, je pensais trop à l'équipe au lieu de penser à moi. Il faut se fixer de hauts objectifs personnels. Chose que je n'ai peut-être pas faite. A Strasbourg, on a connu des moments durs, des équipes avec beaucoup d'individualités. Il fallait faire des sacrifices. Et là, je les ai peut-être faits au lieu de penser à moi. J'étais dans les meilleurs marqueurs français. Je me suis dit : « tant pis, je vais marquer moins pour essayer de faire gagner mon équipe. » Mais ça se retourne contre soi car les gens ne voient que les stats et pas tout le travail de l'ombre. Aussi, physiquement j'ai baissé.

Était-ce dû à la blessure ?

Je ne sais pas. Je sais que j'allais moins haut, moins au smash. Pourtant, je n'avais qu'entre 25 et 28 ans. Le basket d'aujourd'hui est très athlétique. C'était l'une de mes qualités et je l'ai perdue au fil des années. Je travaillais toujours autant mais pourquoi je n'arrivais plus à courir ? Ma blessure venait-elle d'avant ? On ne le sait pas. Mais avant dans mes courses pour finir les contre-attaques ou dans mes temps de réaction, j'étais toujours devant et le plus rapide. Et à la fin je faisais les mêmes courses mais je n'étais plus devant.

 

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