LES KYSTES DE TARLOV SONT-ILS RESPONSABLES DE LOMBALGIES ?

 

Prendre en charge correctement une lombalgie suppose qu’on en connaisse l’étiologie. Et parmi les étiologies volontiers méconnues, figurent les kystes des racines sacrées de Tarlov.


Notre objectif est double :


- rappeler la symptomatologie habituelle de ces kystes à partir de l’analyse clinique de 96 nouveaux patients pris en charge en 2007 par les deux auteurs et dont 88 dossiers étaient suffisamment détaillés pour pouvoir distinguer lombalgies, sacralgies et lombosciatiques.


- montrer que la lombalgie est bien une expression de ces kystes La symptomatologie clinique présentée par ces 88 patients, 18 hommes et 62 femmes est la suivante :

Signes cliniques  nombre  %
Lombalgies 17  19,3
Sacralgies  19  21,6
Lombosciatiques 51  58
Algies périnéales, pelviennes  21  23,9
Troubles sphinctériens  19  21,6

 
 
Les hommes ne présentent pratiquement pas de douleurs périnéales, pelviennes ou de troubles sphinctériens.
Comment rattacher avec probabilité cette symptomatologie aux kystes de Tarlov dans la mesure où tant de praticiens doutent encore de la possibilité pour ces kystes d’être symptomatiques ? Dans ce but nous présentons les résultats obtenus après obstruction transitoire ou définitive du ou des kystes, soit par injection de colle biologique sous TDM dans le ou les deux plus grands kystes, soit par intervention dans cette série de patients.

 

  Échec technique   Amélioration  Pas de changement   Aggravation
Colle biologique 1 11  4 1
Chirurgie d’emblée    4 1  
Chirurgie après réussite de colle    2    
Chirurgie après échec de colle    1    

   
 


L’amélioration clinique concerne les différents symptômes et apparaît dans les jours ou semaines qui suivent le geste thérapeutique dont l’efficacité se maintient souvent plusieurs mois pour ce qui concerne l’injection de colle biologique et permet alors de ne pas s’orienter d’emblée vers une
solution chirurgicale.
En conclusion, l’injection intrakystique de colle biologique, sous contrôle TDM, permet d’une part de confirmer que les symptômes présentés par la patiente sont bien en rapport avec le ou les kystes de Tarlov, d’autre part de proposer une alternative à l’intervention, même si elle ne s’avère que transitoire. Elle permet en outre de sélectionner les patients susceptibles d’être opérés avec bénéfice. Ce test thérapeutique ne s’applique pas à toutes les situations : il n’est pas proposé aux gros kystes de Tarlov qui justifient de l’indication chirurgicale de première intention ni aux petits kystes, sans érosion des arcs postérieurs sacrés, non accessibles à la ponction.

Zoelner G, Arantès A, Ly Ngoc L, Dong Van H, Kehrli P : Kyste méningé sacré ou kyste
de Tarlov.
Alsamed 54:34-35, 2006

 

Mise a jour le 12 Juillet 2016

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Date de dernière mise à jour : Mar 06 Déc 2016